Aller au contenu

UrgencesGrece.eu : pourquoi ?

Il y a un Grexit dont personne ne parle. Le Grexit des soins de santé !

Dans le berceau de la civilisation européenne, 3 millions de citoyens n’ont plus accès aux soins de santé. La mortalité infantile y a doublé depuis le début de la crise financière en 2008. Une situation incroyable au sein de notre Europe moderne dont un des piliers est la sécurité sociale et l’accès aux soins pour tous.

En Grèce, année 2016, le matériel médical manque à tous les niveaux. 

Le Doyen sortant de la Faculté de Médecine de l’ULB  a récemment effectué une mission à Thessalonique. Yvon Englert en est revenu, selon ses propres mots, « abasourdi ». Les hôpitaux sont exsangues, leurs directeurs déprimés et traumatisés. Les opérations chirurgicales sont bien souvent suspendues dans le tout Thessalonique. Faute d’argent, la banque de sang de la ville ne peut plus tester régulièrement les lots de sang pour l’hépatite et le sida. Elle ne livre donc plus suffisamment les hôpitaux. Un exemple parmi tant d’autres qui illustre un constat stupéfiant : la pratique de la médecine devient impossible en Grèce. 

Selon le Dispensaire social d’Ellinikon et la Cuisine sociale « L’autre être humain », plus de trois millions d’habitants subissent aujourd’hui l’exclusion du système de soins. Les budgets alloués au Système national de Santé ont vu leur montant réduit de 50 % depuis 2009 vu les exigences des institutions financières internationales. Les manquements sont structurels. Le matériel, parfois même basique, est soit introuvable, soit hors de prix. Les hôpitaux se voient privés de leurs subventions et leur endettement est abyssal (des dizaines de millions d’euros dus aux créditeurs).  Le Dispensaire et la Cuisine sociale ont refusé de recevoir le Prix du citoyen européen 2015 décerné par le Parlement européen. Ils estiment que l’Europe ne fait rien pour empêcher une « avalanche de morts ».

Si l’Union européenne, ses instances politiques, ne sont pas sensibilisées et si la solidarité ne joue pas, où est encore l’esprit européen ?  C’est donc un drame majeur qui se développe sous nos yeux que nous ne réussirions pas collectivement à éviter.

Des chiffres apocalyptiques

La crise sanitaire qui se propage en Grèce est endémique :

  • Augmentation de la mortalité infantile de 51%, des petits poids à la naissance de 16%, de la mortalité néonatale de 32% (2008-2011) – soit un doublement en chiffre absolu ;
  • Diminution de plusieurs couvertures vaccinales (d’où éviction scolaire) ;
  • Augmentation des hospitalisations dans les hôpitaux publics de 37% (2009-2011) ;
  • Diminution de 50% des dépenses totales du Ministère de la santé depuis 2008 ;
  • Instauration d’un ticket modérateur (25,7.106 €) pour soins ambulatoires en hôpital précédemment gratuits (2011) ;
  • 25% des Grecs n’ont plus de couverture santé ;
  • etc.

La crise sociale augure d’une crise sanitaire sans précédent :

  • Taux pauvreté infantile: de 23% à 41% (entre 2008 et 2011) ;
  • En quatre ans, augmentation du taux de suicide de 45 % ;
  • 2,5 millions de Grecs vivent sous le seuil de pauvreté ;
  • Taux chômage (mars 2015): 25% (stop des indemnités et de la couverture maladie après maximum 12 mois) ;
  • 28% des Grecs vivent dans des logements surpeuplés ;
  • 30% disent ne plus pouvoir se chauffer en hiver ;
  • etc.

[Source : Médecins du Monde]

Objectifs

L’enjeu est donc majeur. Il y a la souffrance d’un peuple qui ne peut pas être abandonné. Il y a les valeurs qui animent notre communauté. Elles ont permis, entre autres, la création de la protection sociale et l’accès aux soins de santé. Il nous faut éviter le naufrage de ces idéaux. Ce serait une double peine, une double souffrance. 

Les 5 objectifs de l’opération urgencesgrece.eu

  • Informer sur une situation sanitaire inédite et insoutenable dans l’Union européenne depuis 70 ans; 
  • Conscientiser la population belge sur la déstructuration du système de santé en Grèce où près d’un habitant sur trois n’a plus de couverture santé et donc plus d’accès aux soins même les plus élémentaires;
  • Exiger des bailleurs de fonds  d’immuniser le budget des soins de santé (au niveau d’avant la crise de 2008) et mettre la pression sur les responsables politiques nationaux et européens pour que chaque citoyen grec retrouve ainsi l’accès aux soins de santé;
  • Récolter des fonds pour financer des projets concrets menés sur le terrain grec qui viennent directement en aide à la population : soutien médical humain et matériel, soutien pour l’électricité, etc.
  • Créer un réseau de solidarité et de désenclavement intellectuel pour les médecins grecs.

Trois premiers projets concrets à soutenir

Projet Pirée
Nouvelle polyclinique pour les soins de santé primaires et spécialistes, soutien psychologique.
En savoir plus

Projet Eubée
Une chaîne de solidarité médicale pour un bus médicalisé avec des équipements mobiles : échographes, biologie basique, ECG, spirométrie, etc.
En savoir plus

Projet Thessalonique
Les services universitaires de l’Université de Thessalonique sont répartis sur plusieurs hôpitaux dont principalement les 3 hôpitaux de l’American Hellenic Educational Progressive Association (AHEPA), l’hôpital Hippocrate et l’hôpital Papagiorgiou.
En savoir plus